Une réalité socio-économique de la nature ?

Titre un peu ronflant, je sais. Mais le concept mérite d’être quelque peu approfondi. Qu’est-ce que la nature ? Si je vous dis que la nature n’est pas la même pour un Breton qui vit en bord de mer dans un petit village isolé que pour un Parisien qui voit plus souvent l’eau de pluie que l’eau de mer, vous êtes d’accord ? Il existe donc bien une réalité géographique de la connaissance de la nature : selon le paysage, l’environnement dans lequel nous vivons, nous sommes plus ou moins sensibles à la nature qui nous entoure. Au-delà de cette réalité géographique, il existe une réalité socio-économique.

La situation géographique peut être un facteur qui prédispose à connaître (et donc à aimer) ou pas la nature. Vivre dans un tissu urbain et vivre dans un tissu rural n’a clairement pas les mêmes conséquences. Mais vivre dans un tissu urbain sans possibilité de partir à la découverte de la nature, ne serait-ce que pour aller visiter la ferme du coin ou le Parc Naturel Régional à 200 km a des conséquences toutes autres. Car quand nous ne pouvons choisir, ni la situation géographique, ni le fait de découvrir ou non la nature, l’ignorance se vit comme une fatalité plutôt qu’un choix délibéré.

Difficile de comprendre pourquoi tout le monde s’écrie qu’il faut protéger l’environnement quand la connaissance de l’environnement de résume aux brins d’herbe dans le par cet aux arbres sur le bord de la route. Créons une nature solidaire ! Donnons une chance à ceux qui ne peuvent découvrir les merveilles de la nature de le faire !

La même réflexion vaut pour l’autre côté du spectre socio-économique. La déconnexion à la nature est totale parce que l’idée de besoin est absente. La nature devient alors ornementale, est reléguée à une fonction récréative, elle peut faire jolie. Elle peut même être formidable et impressionnante, en Amazonie ou quelque autre endroit exotique où la nature est fabuleuse. Mais le fait d’être dépendant de la terre et de la nature n’est absolument pas assimilé

Le travail de sensibilisation à la nature est donc extrêmement différent selon la population. Facteur à prendre en compte, non ? En prenant garde, surtout, à ne pas tomber dans la caricature …

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