• Vers des villes fertiles ?

    La végétalisation des villes a été imaginée comme un moyen de réintroduire la nature dans des tissus urbains déconnectés de leur milieu naturel. Les cultures "industrialisées" ont exclu la nature de leur vie quotidienne et de leurs valeurs, et artificialisé leur environnement. Le but de ces initiatives de végétalisation est de mélanger à nouveau nature et culture, de permettre aux urbains de bénéficier des bienfaits de la nature.

    villes-fertiles.jpg

    Incidemment, ces initiatives concrètes permettent de sensibiliser les urbains aux bienfaits de la nature de manière pédagogique. De nombreux projets de réintroduction de la nature dans la ville prennent forme, dans toute l'Europe. L'Allemagne, pionnière dans le domaine de végétalisation de toiture en Europe, développe ce type de toiture en 1995. Certains projets de végétalisation (Grand Lyon) prennent plus la forme de jardins urbains qui permettent aux habitants d'avoir un "havre de paix" dans leur quotidien. L'exposition Ville Fertile à la Cité Chaillot a d'ailleurs eu pour but d'expliquer ces projets, de faire prendre conscience de la démarche de grande ampleur amorcée.

    La nature dans le ville a de nombreux avantages : au-delà de l'apport évident en terme de bien être, les jardins et potagers permettent de sensibiliser à l'agriculture et permettent un retour concret à la terre, les ruches sur les toits sont un atout indéniable pour la biodiversité dans les villes, les arbres permettent de lutter contre la pollution atmosphérique...

    Beaucoup diront qu'il s'agit d'un effet de mode, mais l'engagement sur ce type de projet doit perdurer et perdurera lorsque les premières réalisations feront prendre conscience des bienfaits de cette démarche sur les vies de chacun, mais aussi de l'efficace moyen de sensibilisation que ces projets représentent.

    La sensibilisation à l'écologie passe souvent par des discours qui, même s'ils retiennent l'attention de certains, ne restent que des paroles. Les projets de végétalisation sont des initiatives concrètes pour obliger à cohabiter avec la nature et donc obliger à reprendre ce paramètre en compte dans les vies de chacun.

    La végétalisation des villes mettra les habitants en lien direct avec la nature, rapport qui s'est perdu : au lieu de jardiner, chacun va faire ses courses, au lieu de cultiver ses propres fleurs chacun va les acheter..

     

  • Du coton bio ?

    De nombreux projets aux Etats-Unis, en Turquie, en Amérique latine, en Afrique et en Asie montrent qu'il est possible de reconvertir au bio les cultures conventionnelles de coton. En Inde centrale, le projet Maikaal est exemplaire à cet égard.
    maikal.JPGLe projet a démarré en 1992 à l'initiative de Patrick Hohmann, le directeur de Remei AG, un commerce de textiles de Rotkreuz, avec une seule ferme pilote dans le territoire de la filature Maikaal Fibres Ltd. Aujourd'hui 1 100 familles paysannes cultivent 6 000 ha en bio. La moitié de la surface produit du coton, et l'autre moitié des cultures en rotation comme du blé ou des pois chiches. Les cultures sont certifiées conformes aux directives bio de l'Union européenne par IMO (Institut für Marktökologie).


    Le projet Maikaal est implanté dans une région cotonnière traditionnelle sur les rives du fleuve Narmada dans le centre de l'Inde, dans l'Etat du Madhya Pradesh.


    De nombreuses familles paysannes possèdent chacune entre un et deux hectares de terres agricoles et travaillent encore aujourd'hui avec des moyens très simples. Des bœufs tiennent lieu de tracteurs, on récolte et on désherbe à la main, ce qui rend superflue l'utilisation massive d'herbicides chimiques.
    Même en production conventionnelle, cette région n'avait jamais abandonné les cultures mixtes et les rotations des cultures. Cela a d'emblée paru favorable à l'agriculture bio, mais cela n'avait pas suffi à empêcher les paysans de devenir ces dernières décennies dépendants des engrais et pesticides chimiques. Pucerons, cicadelles et vers des capsules, un ravageur capable de détruire totalement les capsules du coton, provoquent des pertes immenses.


    On recourt alors aux insecticides, qui éliminent la quasi-totalité des auxiliaires alors que les ravageurs deviennent rapidement résistants. On a donc dû employer des quantités toujours plus grandes de pesticides toujours plus toxiques, ce qui a provoqué une massive augmentation des coûts de production.
    Les préoccupations économiques n'ont donc pas été les moindres à motiver l'intérêt de ces paysans pour des solutions différentes. Il faut cependant beaucoup de courage pour renoncer à la chimie sur un champ qui est souvent le seul que la famille possède.