Du coton bio ?

De nombreux projets aux Etats-Unis, en Turquie, en Amérique latine, en Afrique et en Asie montrent qu'il est possible de reconvertir au bio les cultures conventionnelles de coton. En Inde centrale, le projet Maikaal est exemplaire à cet égard.
maikal.JPGLe projet a démarré en 1992 à l'initiative de Patrick Hohmann, le directeur de Remei AG, un commerce de textiles de Rotkreuz, avec une seule ferme pilote dans le territoire de la filature Maikaal Fibres Ltd. Aujourd'hui 1 100 familles paysannes cultivent 6 000 ha en bio. La moitié de la surface produit du coton, et l'autre moitié des cultures en rotation comme du blé ou des pois chiches. Les cultures sont certifiées conformes aux directives bio de l'Union européenne par IMO (Institut für Marktökologie).


Le projet Maikaal est implanté dans une région cotonnière traditionnelle sur les rives du fleuve Narmada dans le centre de l'Inde, dans l'Etat du Madhya Pradesh.


De nombreuses familles paysannes possèdent chacune entre un et deux hectares de terres agricoles et travaillent encore aujourd'hui avec des moyens très simples. Des bœufs tiennent lieu de tracteurs, on récolte et on désherbe à la main, ce qui rend superflue l'utilisation massive d'herbicides chimiques.
Même en production conventionnelle, cette région n'avait jamais abandonné les cultures mixtes et les rotations des cultures. Cela a d'emblée paru favorable à l'agriculture bio, mais cela n'avait pas suffi à empêcher les paysans de devenir ces dernières décennies dépendants des engrais et pesticides chimiques. Pucerons, cicadelles et vers des capsules, un ravageur capable de détruire totalement les capsules du coton, provoquent des pertes immenses.


On recourt alors aux insecticides, qui éliminent la quasi-totalité des auxiliaires alors que les ravageurs deviennent rapidement résistants. On a donc dû employer des quantités toujours plus grandes de pesticides toujours plus toxiques, ce qui a provoqué une massive augmentation des coûts de production.
Les préoccupations économiques n'ont donc pas été les moindres à motiver l'intérêt de ces paysans pour des solutions différentes. Il faut cependant beaucoup de courage pour renoncer à la chimie sur un champ qui est souvent le seul que la famille possède.

 

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