• Zoom sur les cultures en terrasse

    L’eau, ou « or bleu » est d’ores et déjà une ressource rare, je ne vous apprends rien. L’arsenal industriel et technologique mis en œuvre pour la retraiter, la dessaliniser, la rendre potable le prouve bien. Les pratiques ancestrales peuvent être à ce titre riches d’enseignements.

    L’agriculture en terrasse, pratiquée notamment en Chine, en Indonésie ou aux Philippines, n’a pas pour seul intérêt d’offrir à notre vue des paysages époustouflants, elle témoigne aussi et surtout d’une gestion des cultures agricoles adaptée aux conditions environnementales locales.

    Technique de montagne et de semi-montagne dans des régions tropicales humides ou de climat méditerranéen, elle permet d’irriguer les cultures en eau de manière naturelle et lutte contre l’érosion des sols. Procédé relativement fréquent en région méditerranéenne jusqu’au début du XXe siècle, il a été rapidement abandonné lorsque la technique a permis de trouver un système qui demande moins de main d’œuvre.

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    Le système des cultures en terrasses est relativement simple :

    l’eau, avec la chaleur de la vallée, s’évapore et une fois arrivée dans les hauteurs de la montagne se condense et se transforme en pluie récupérée par les canaux creusés à cet effet. Elle ruisselle ensuite pour alimenter les cultures diverses, et même les habitations, avant de rejoindre le lit de la rivière en contrebas.  Ce qui permet d’alimenter les rizières (enjeu d’alimentation crucial pour beaucoup de populations), d’augmenter la surface cultivable en zone montagneuse, tout en respectant le cycle de l’eau.

    Ces zones sont aussi en outre de véritables conservatoires de biodiversité, grâce à l’utilisation de fertilisant naturels et à la richesse des sols.

    Ce type de technique témoigne d’une adaptation et d’une gestion des ressources naturelles remarquables, et ce sans aucune technique industrielle, comme peuvent aussi en témoigner aussi les « chinampas », les jardins flottants mis au point en Mésoamérique par les aztèques pour pouvoir cultiver dans les zones marécageuses. 

    Les civilisations millénaires n’ont pas fini de nous étonner.